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  • Photo du rédacteurAdrien Fenech

Retour sur le Start-Up Breakfast #8 — L’anti-pitch de Golem.ai et Moneythor

Lors de cette 8ème édition du Startup Breakfast, nous avons accueilli dans les locaux de Finance Innovation au Palais Brongniart, Stéphane Nouy et Thomas Solignac, respectivement MD et CEO de Moneythor et de Golem.ai.

Deux parcours différents mais une mentalité commune

Stéphane et Thomas, deux ingénieurs passionnés, se veulent réalistes et critiques, et refusent de se présenter de manière classique en romantisant leur aventure entrepreneuriale. Dès 8h30 du matin, Thomas, informaticien et philosophe dans l’âme, commence par rebondir sur notre question et envoie la première pique : « les histoires entrepreneuriales sont fausses ».

« Les entrepreneurs racontent parfois leur parcours comme si les faits découlaient d’une suite logique d’évènements, où le succès aurait été planifié longtemps à l’avance. Alors qu’en réalité, il y a un biais cognitif énorme, nous dit-il. On découvre son projet et son marché pendant qu’on prépare et vend le projet. Et c’est normal : l’IA (intelligence artificielle) est un marché montant. Tout est en train d’émerger. L’innovation suppose des évolutions rapides, dont on est dépendant et acteur ! »

Golem.ai s’est développé originellement dans l’idée de populariser les interfaces vocales.

« Le temps a montré que le cœur de notre valeur ajoutée réside dans notre approche unique de l’interprétation sémantique, et pas spécifiquement dans le vocal. D’autre part, le marché a répondu fortement sur une vaste gamme de solutions où le vocal n’est pas prépondérant, mais où la complexité des systèmes concurrents d’analyse de texte sont limitants. Par ailleurs, la popularisation très forte du marching learning, que l’on n’avait pas prévu au début de notre histoire en 2012, a mis en valeur notre approche radicalement différente.»

L’entrepreneur, pas toujours maître de son environnement

En effet, l’entrepreneur n’est pas en maîtrise de son environnement, bien au contraire. Il doit s’adapter, tenter des choses, avoir du talent mais en plus, de la réussite. Le marché est complexe et il est impossible de cerner quelle stratégie est la plus optimale longtemps à l’avance. La solution de facilité serait de dire que c’est le succès qui tranchera. Mais combien prennent les bonnes décisions et échouent quand même ? Et les entrepreneurs à succès peuvent avoir pris de bonnes décisions pour de mauvaises raisons. Ceux qui échouent soulignent le facteur chance, ceux qui réussissent le minimisent.

Stéphane, nous témoigne lui aussi de son aventure de manière purement factuelle. Moneythor a été conçu par une équipe ayant travaillé pendant plus de 15 ans dans le milieu des logiciels pour banques. Ils ont d’ailleurs déjà réalisé un précédent logiciel ensemble avec succès, qui est encore utilisé par plus de 90 banques. La grande expérience des fondateurs de Moneythor dans le milieu de la banque accouplé à une mentalité entrepreneuriale leur donne l’énergie nécessaire de chercher à développer un secteur qui a tendance à se reposer sur ses lauriers.

Moneythor : des fondateurs à l’expérience solide

La première solution qu’a créée et vendue Stéphane, leur a aussi permis de financer en fonds propres. L’expérience accumulée et le profil des co-fondateurs a rassuré les premiers clients dans leur choix d’une FinTech. Encore une fois, grâce à son expérience solide dans le secteur, l’équipe a pu rapidement définir le périmètre produit et le business model, s’y concentrer exclusivement sans se disperser – c’est l’une des clés de la réussite -, et Moneythor est dès ses premières versions un logiciel non seulement innovant mais déjà solide et parfaitement exploitable pour les banques. Stéphane a par ailleurs bien conscience et ne nous cache pas que Moneythor investit plus dans son produit que dans le marketing ou dans un développement commercial effréné financé par levée de fonds. C’est l’ADN de l’équipe, à tord ou à raison.

Comme le souligne Thomas, c’est le biais des ingénieurs qui sont trop perfectionnistes et qui se focalisent sur la performance technique de leur produit, négligeant le marketing dans un premier temps, préférant démarrer la commercialisation, avec un produit déjà très abouti, et donc souvent inutilement tardive. Et il n’hésite pas à envoyer sa deuxième pique aux écoles de commerce/sciences Po qui font l’inverse : un produit dont le marché est bien analysé, bien vendu mais qui n’existe pas encore, très expérimental, ou dont les aspects technologiques sont relégués au second plan.

Mais que font-ils concrètement ?

Golem.ai, le vocal comme avenir de la technologie

Golem.ai est parti du sentiment de la bande d’ingénieur venant d’Epitech que le vocal était l’avenir de la technologie. Ils refusent néanmoins de prendre part à la mode du machine learning pour résoudre les problématiques linguistiques, préférant une approche plus pragmatique, et surtout plus pluridisciplinaire. « On a une approche à la fois classique et moderne », nous explique Thomas. La valeur ajoutée de Golem.ai est dans la sémantique. « On a du texte, comment faire pour que la machine lui donne du sens dans un contexte donné ? Là est le cœur de notre technologie, et de notre R&D”.

De même que chez Moneythor, l’équipe a fait face aux enjeux de la vente. Il faut de la puissance de feu pour satisfaire un marché, ou bien se transformer en prescripteurs, et vendre l’API à ceux qui ont la puissance financière de le faire.

Mais Golem.ai a déjà trouvé du financement auprès de Business Angels. Une expérience assez unique à ses yeux.

« Il y a beaucoup de variété chez les BA, ils apportent quelque chose de différent. De mon expérience, un VC ne va pas toujours chercher à évaluer l’impact de la technologie ou des produits, il va plus souvent se focaliser sur la rentabilité déjà acquise, et les éléments quantifiables immédiatement », nous confie Thomas.

Moneythor, la solution numérique au service des banques

Stéphane et son équipe, quant à eux, ont construit une solution numérique afin d’améliorer les services digitaux des banques, en analysant notamment les transactions et en générant des recommandations personnalisées et contextuelles pour leurs clients. Cela aide les clients à gérer leurs finances, et surtout génère de l’engagement digital, en ouvrant de nouvelles opportunités de satisfaction client, de marketing et ventes croisées pour les banques !

Et elles sont déjà nombreuses à adopter la solution… En Europe bien sûr, mais aussi en Asie où Moneythor est bien implanté et se développe encore plus rapidement !

Stéphane nous explique qu’il y a en effet en Asie une demande incroyable en solutions fintech, couplée avec des institutions gouvernementales très fortes pour mettre en contact les innovateurs avec les grands comptes. Ses associés sont justement présents à Singapour, ce qui booste le développement international de Moneythor. Cette présence sur plusieurs continents et différents marchés innovants enrichit également la solution.

De la Startup au Breakfast

S’en est suivi une petite demi-heure de Networking autour d’un bon café/croissant.

On vous espère nombreux pour la suivante !

Article rédigé par Jean-Baptiste Bordenave, Estimeo

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