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  • Photo du rédacteurAdrien Fenech

Chemins d’entrepreneurs : dans quels secteurs se lancer cette année ?

Avoir une idée et l’envie de la développer, c’est bien mais dans un secteur en plein boom c’est encore mieux ! Domaines méconnus, qui font peur ou encore déjà bien avancé, nous faisons le point…

Dans la seconde conférence du 3ème Sommet des Startups, ce n’est pas moins de 6 intervenants qui nous ont présenté les secteurs dans lesquels les startups ont un rôle important à jouer aujourd’hui et dans les futures années.

L’Intelligence Artificielle ne dirigera pas le monde, vous contrôlerez l’IA !

Il n’est plus nécessaire de présenter la révolution portée par l’intelligence artificielle qui est en plein boom depuis 2015. Olivier Bousquet, à la tête du département Machine Learning chez Google et Isabelle Ryl, en charge des transferts et des partenariats industriels à l’Inria ont pu nous présenter leur vision de l’IA. Dans leurs rôles respectifs, Olivier et Isabelle accompagnent et encouragent des startuppeurs dans leurs projets en les associant aux avancées technologiques et techniques développées par leurs entités.

Un petit point de rappel pour ceux qui ont encore des doutes, qu’est-ce que l’intelligence artificielle ?

Olivier, de chez Google, nous propose un rappel simple et clair. L’IA c’est un apprentissage automatique qui permet de faire exécuter à un ordinateur des tâches complexes en lui donnant des exemples. La notion d’IA existe depuis plus de 30 ans, aujourd’hui, son champ d’application est immense et ne cesse de se développer grâce aux avancées technologiques. Nous sommes au début de l’ère de l’IA, les startups peuvent prendre cette technologie comme une opportunité pour la répandre dans de nombreux autres secteurs !

L’IA, un développement Tech à part entière?

L’un des premiers points soulignés lors de cette discussion sur l’IA est le développement d’un écosystème propre. Pour reprendre l’intervention de Jacques Lewiner (que vous retrouverez dans l’article précédent), la France est en retard sur la réglementation en matière de partenariats et d’aides aux startups/PMEs. Néanmoins, des acteurs persuadés de l’importance du développement de cet écosystème décident de suivre des jeunes pousses. C’est le cas de l’Inria (institut consacré aux sciences numériques) qui a créé de nombreuses relations avec de plus petites structures. Entre 2010 et 2016, le nombre de startups accompagnées par l’Inria est passé de 6 à 9 et pour 2017 ce n’est pas moins de 13 startups qui ont vu le jour. Olivier Bousquet, nous parle du laboratoire de recherche fondamentale de Google qui a été mis en place avec la conviction que la recherche en informatique et en IA touche tous les acteurs de la société. La mise en œuvre d’une nouvelle technologie se fait par le public, les grands groupes et les startups qu’il faut accompagner dans un cadre législatif et juridique (encore peu développé, en ce qui concerne la France).

Quels sont les acteurs de cet écosystème ?

Comme nous venons de le voir, la création d’un écosystème est primordial, c’est d’ailleurs ce qu’Emmanuel Macron a préconisé dans son discours au Collège de France. Sur ce point, Isabelle Ryl nous dévoile l’ouverture prochaine d’un Institut en Intelligence Artificielle (Prairie) combinant recherche fondamentale de haut niveau et lien avec les industriels. Le but n’est pas de faire un immense institut mais d’accueillir entre 150 et 200 personnes travaillant sur des projets avec des partenaires (au nombre de 11 aujourd’hui dont Google, Amazon, Valeo, Suez…). Olivier tient le même discours quant à la création d’un écosystème dédié. Il nous explique la difficulté de s’associer à un projet car personne ne peut prédire l’avenir, s’associer avec une startup n’est pas une science exacte. C’est une aventure et de la passion que demande un écosystème qui est encore à développer pour faciliter les rencontres et les échanges d’idées. Olivier tient aussi à nous préciser qu’il est toujours difficile de savoir quand investir dans une start-up ou de savoir lorsque le moment est venu de clôturer un partenariat. En effet, chaque projet avance à un rythme différent ce qui complexifie la rationalité des décisions à prendre. Dans le même temps, chez Google, des équipes autonomes ont été mises en place pour qu’elles puissent explorer les domaines qui les intéressent ! L’un des gros projets en ce moment qu’Olivier aimerait mener à bien est le développement de nouveaux algorithmes d’apprentissage moins gourmands en données pour les IA. Enfin, Olivier nous rappelle que dans le domaine de la recherche il ne devrait pas y avoir de compétition mais plutôt de l’émulation autour de projets communs. Si tout le monde partage au sein d’un écosystème ses découvertes et ses avancées, le progrès avancera plus rapidement.

La deuxième partie de cette conversation s’est poursuivie en réponse au rapport Villani. Qu’en est-il de l’éthique et de la responsabilité de l’IA ?

Isabelle Ryl, nous rappelle tout d’abord que lorsque l’on utilise n’importe quelle application, le résultat affiché n’est pas garanti fiable et juste à 100%. Lors du développement, il est très difficile de savoir quelles seront les failles, pour l’IA cette difficulté est décuplée du fait de la complexité des algorithmes. Olivier rassure l’assemblée sur le fait que l’IA est aujourd’hui prête à être utilisée mais que de nombreuses recherches sont en cours pour fournir plus de garanties lors de son utilisation. Ces recherches ouvrent des questions d’éthique importantes au regard de l’utilisation future de l’IA dans de très nombreux domaines. Pour Olivier, le rapport Villani va dans le bon sens car il faut en effet que la France revoit sa réglementation pour définir les bonnes pratiques et apporter des réponses à la question de la responsabilité.

Partez à la conquête de l’Espace et devenez une étoile !

L’espace est un domaine très précis mais rempli d’opportunités comme nous l’ont expliqué Éric de Saintignon et Anne Aanesland. Appartenant à deux mondes totalement opposés, Éric et Anne décryptent pour nous l’Espace et ce qu’on y fait de mieux !

Quels sont les changements notables dans le monde aérospatial ?

Le monde spatial connaît de nombreux bouleversements depuis quelques années : les microsatellites, les nano-satellites ou encore les constellations à satellites multiples ! Éric de Saintignon explique tout d’abord que la production de satellites est devenue industrielle chez OneWeb ce qui est une première mondiale ! Ce processus a été rendu possible par le développement de plus petits satellites, plus légers qui gardent néanmoins la performance des gros satellites. Le lancement de plusieurs satellites par OneWeb est attendu pour 2018 puis une seconde vague pour 2020. Ces satellites seront envoyés à 1000km au-dessus de nos têtes dans le but de lutter contre la rupture technologique. De nombreux endroits dans le monde, n’ont pas de couverture, OneWeb souhaite y remédier. Éric insiste sur le fait que les constellations sont de plus en plus importantes ce qui constitue une réelle opportunité pour les startups car c’est un domaine qui demande agilité, rapidité d’exécution et qualité. Le futur du domaine spatial n’est pas encore figé et de nouveaux acteurs peuvent venir le disrupter.

C’est d’ailleurs ce qu’a fait Anne Aanesland, startuppeuse venant de Norvège. Anne a saisi une opportunité dans le monde spatial, elle a en effet remarqué que pour les propulsions électriques les petits moteurs sont les plus adaptés. Comme toutes les recherches à ce moment étaient portées sur les gros moteurs, le monde de la recherche ne croyait pas en son projet. C’est à ce moment qu’elle a décidé de monter sa startup ThrustMe avec un confrère ukrainien et lève 1,7M d’euros. Elle a donc dû changer de casquette et passer de chercheuse à business women. Pour gagner du temps et pouvoir sortir son produit au moment opportun, elle a décidé de coupler les innovations dans l’aérospatial avec celles que l’on trouve dans d’autres secteurs. Les innovations sont donc présentes dans toute l’intégration du système sur les satellites de petites tailles.

La Blockchain, une manière pour débloquer votre vision ?

Cette session sur les secteurs à suivre de près en tant que start-up s’est poursuivie avec Georges Nahon, président d’Orange Silicon Valley venu pour présenter les enjeux de la Blockchain.

La Blockchain, qu’est ce que c’est ?

Cette intervention commence par un rappel de ce qu’est la Blockchain. C’est donc une succession de blocs que l’on ne peut ni modifier ni supprimer et qui sont reliés les uns aux autres. Un nouveau bloc se crée dès lors qu’une information est modifiée ou ratifiée. Cela permet de sécuriser l’information sur Internet. Aujourd’hui, le web est totalement financé par la publicité car il est impossible de mettre en place des micro-transactions. Il est donc important que le système des Blockchain se développe malgré les limites que nous lui connaissons déjà: à savoir la consommation d’énergie, la mémoire nécessaire au stockage, les coûts de transactions… Les start-ups ont un grand rôle à jouer dans la Blockchain, certaines se sont déjà emparées de cette technologie dans les domaines non financiers. Une autre manière dont les start-ups bénéficient de la Blockchain sont les levées de fonds ICO. En émettant elle-même des tokens, la startup peut lever de l’argent en écrivant un livre blanc pour expliquer en quoi l’argent levé lui sera utile.

Quel est l’écosystème Blockchain et quels projets soutient-il ?

Pour sa part, Georges Nahon a vu naître de nombreux projets autour de la technologie Blockchain comme le traçage de la composition d’un produit, activité d’une grande importance dans les secteurs cosmétiques ou alimentaires. La Blockchain reste évidemment applicable à de nombreux autres secteurs comme par exemple la joaillerie (pour le traçage des diamants), la presse, les médias, le notariat, la supplychain (de manière plus large), le cadastre ou encore dans l’identification des réfugiés George nous rappelle également que l’Orange Fab (laboratoire d’innovation d’Orange) travaille avec beaucoup de startups locales. Il est à l’affût des idées à l’origine de changements importants dans son environnement de travail. C’est dans cette optique que Georges se déplace en Silicon Valley qui est « l’un des endroits magiques où l’on voit surgir des idées en rupture que l’on pensait impossibles mais si proches de nous dans le temps ». Pour ne pas se faire surprendre, Georges Nahon explique par la suite l’importance de faire de la veille et d’être présent physiquement lors de séminaires et de meet-ups pour comprendre la partie tacite et les non-dits du monde de l’innovation.

Georges termine cette intervention par les grandes tendances venant de la Silicon Valley à savoir l’IA prédictive pour le domaine de la sécurité, l’analyse des données, la réalité virtuelle et augmentée.

Biotechnologies, E-santé que faites-vous pour aller mieux?

Avant dernier secteur dans lequel il fait bon d’être startuppeur : le domaine de la santé. Guillaume Leroy, Président de Sanofi France et Alexis Génin, Directeur du développement de la Recherche et des Technologies à l’ICM (Institut du Cerveau et la Moelle Épinière) nous ouvrent les yeux sur la Santé de demain.

Comme l’a souligné Emmanuel Macron, de grandes recherches sont en cours dans le domaine de la biologie et du médicament, mais quelles sont-elles ?

C’est Guillaume Leroy qui entame cette session avec un constat simple : les recherches partent des plantes vers la chimie puis vers la biologie pour finir leur course vers le digital. Sanofi investit énormément dans le Recherche et le Développement et ouvre bientôt le Laboratoire 39bis, premier laboratoire 100% digital. Cette mise en place d’un laboratoire 100% digital vient de l’envie d’améliorer la santé dans le monde en utilisant les leviers digitaux. Habituellement, chez Sanofi, les laboratoires sont des entités à part entière. Le Laboratoire 39Bis sera lui implanté en plein centre du siège social de Sanofi dans le but d’ouvrir cet espace à toutes les parties prenantes de l’E-Santé. Ce laboratoire nouvelle génération est composé de 3 espaces : l’étonnement, la co-construction et le prototypage. Pour participer à l’un des projets du laboratoire, le background de la personne intéressée n’est pas primordial, seuls l’envie et l’engagement commun comptent. C’est ensuite Alexis Génin qui présente à l’auditoire l’incubateur de l’ICM. Ce dernier a été créé pour offrir un environnement ouvert et international à la recherche. Cet incubateur mélange donc chercheurs, startuppeurs, médecins et patients dans le but de développer de nouvelles solutions. Pendant de nombreuses années, le médicament était la clé de la médecine, depuis quelques temps cette vision évolue et encore plus lorsqu’il s’agit de pathologies du système nerveux. La médecine personnalisée s’est donc développée pour laisser maintenant place à la médecine intégrative. Le rêve de l’IMC et de son incubateur est de trouver les marqueurs ultra-précoces des maladies du système nerveux grâce aux nouvelles technologies. C’est dans ce but qu’une trentaine de start-ups pleines d’idées et sans barrières mentales travaillent dans l’incubateur .


Y-a-t-il des domaines plus porteurs que d’autre dans cette grande famille qu’est la E-Santé?

Enfin nos deux intervenants nous donnent les clés des 3 grands domaines de la E-Santé :

  1. Les maladies rares : le temps d’errance dans le diagnostic est l’une des problématiques majeures en cas de maladie rare. Un travail de détection des marqueurs sera donc un levier important dans le gain de temps de la prise en charge du patient.

  2. Les pharmaciens : ils sont plus de 22 000 en France et reçoivent plus de 4 millions de personnes quotidiennement. La pharmacie est le lieu d’interaction physique entre le patient et le médicament (qu’il découvre et dont il veut parler). Il y a donc de grandes opportunités dans ce domaine d’interaction qu’il faudrait renforcer.

  3. Le mode d’usage des médicaments : les médicaments ne sont pas des produits comme les autres, un mauvais usage peut anéantir les effets de ces derniers. Des agents qui répondent aux questions de tous les acteurs de la santé ne seraient-ils pas à développer ?

Abattre les “supers stéréotypes” et développer la Cybersécurité

Dans cette dernière session sur les opportunités à saisir par les startups, Marc Watin-Augouard de la Gendarmerie Nationale et Gérome Billois de WaveStone cassent les stéréotypes entourant la Cybersécurité.

Nos deux intervenants entament cette dernière session par un constat : le fruit des innovations et des technologies de rupture vient en grande partie des startups. Ce sont ces dernières qui sont en mesure d’apporter des solutions tout à fait innovantes dans le domaine de la cybersécurité ; il ne faut pas se contenter des grands groupes. A ce sujet, Gérome Billois rajoute que bien souvent, l’écosystème start-up français n’est pas toujours pris au sérieux face aux Etats-Unis et à Israël. Cette réflexion ne reflète pourtant pas le monde de la cybersécurité, une cartographie des 100 start-ups dans ce domaine montre une véritable diversité des activités française en matière de cybersécurité. L’une des difficultés que rencontre cet écosystème français n’est pas la création de nouvelles entreprises mais plutôt leurs difficultés à grossir. Marc ajoute que l’un des points forts de ces startups françaises est leur capacité à aller chercher les compétences qu’elles n’ont pas chez d’autres startups.

Nos deux intervenants sont d’accord pour dire, comme le souligne le Rapport Villani, que le problème vient de la formation. Ceci est notamment dû aux universités qui ne modifient pas leur programme en fonction des avancées technologiques mais aussi d’un problème d’attractivité plus global sur le monde de la cyber-sécurité. En effet de nombreux stéréotypes circulent encore sur ce domaine et freinent certains dans leur orientation, c’est notamment un domaine où très peu de femmes sont présentes. Marc Watin-Augouard informe alors l’auditoire de l’importance de créer un écosystème tout d’abord territorial afin que chacun puisse trouver sa place et ne laisser personne se perdre et être isolé.

Maintenant que vous avez votre idée en tête, que vous savez de qui vous entourer, partez à l’assaut de ces domaines! Différents écosystèmes sont en train de voir le jour pour répondre aux besoin actuels. Ces écosystèmes permettent de créer naturellement une synergie entre les différents acteurs pour pousser l’innovation encore plus loin. A coup sûr, vous vous y sentirez à votre place !

Retrouver les prochaines parties des Chemins d’Entrepreneurs sur le compte Estimeo !

Adèle Pasquier, Business Development & Communication @ Estimeo

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